Trump amorce le retrait des troupes américaines de Syrie

Donald Trump a tranché : les Etats-Unis devraient rapidement retirer leurs forces spéciales du nord-est de la Syrie, où elles avaient été déployées pour lutter contre l’organisation Etat islamique (EI).

 « Nous avons vaincu l’Etat islamique en Syrie, ma seule raison d’y être pendant la présidence Trump », a assuré le président des Etats-Unis sur son compte Twitter, mercredi 19 décembre.

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Des sources américaines ont confirmé cette décision à plusieurs médias américains.

Un responsable cité par le New York Times affirme que les dirigeants kurdes ont été informés de la décision du président Trump « mercredi matin ».

le terrain, les militaires français présents aux côtés des Américains auraient été également informés de cette décision, selon une source proche du dossier interrogée par Le Monde

« C’est un retrait total », qui interviendra « aussi rapidement que possible »

, a indiqué à l’AFP un responsable américain sous couvert d’anonymat, précisant que la décision avait été prise mardi.

Dans une équation régionale particulièrement complexe, le rôle de ce contingent de deux mille hommes présents sans le moindre mandat international dépassait pourtant

la mission d’éradication du djihadisme. Il tenait également à distance les forces du régime de Bachar Al-Assad, avec lequel Washington a rompu au début de la guerre civile

 et leurs alliés iraniens, ainsi que celles de la Turquie.

Leur présence sur place protège en effet les forces locales à dominante kurde qui s’étaient portées au premier rang de la bataille contre l’EI.

La Turquie considère en effet ces dernières comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qu’elle combat militairement à l’intérieur de ses frontières.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait assuré lundi avoir le feu vert de Washington pour que « les groupes terroristes soient chassés de l’est de l’Euphrate ».

« Nous pouvons enclencher nos opérations en Syrie à n’importe quel moment à partir des territoires qui correspondront à nos projets »

avait-il averti. Une menace qui peut désormais se concrétiser.

Tensions internes à Washington

Alors que la lutte contre les djihadistes a enregistré le 14 décembre un succès décisif avec la prise par les milices kurdes de la localité de Hagine.

située près de la frontière avec l’Irak, dans la vallée de l’Euphrate, le Pentagone et le département d’Etat ont longtemps milité pour le maintien des forces spéciales américaines.

A la fois pour éviter une résurgence du djihadisme, et au nom du levier que leur présence octroyait à Washington,

notamment dans la quête difficile d’une sortie politique de la guerre civile qui a ravagé la Syrie.

Ces tensions internes sur la présence américaine en Syrie pourraient toujours avoir cours malgré les déclarations du président américain. D’après le New York Times.

 des responsables du Pentagone essayaient encore, mercredi matin, heure de Washington, de convaincre le président Trump de revenir sur la décision. 

« La campagne contre l’EI n’est pas terminée », a de son côté souligné le Pentagone, sur un ton plus nuancé que le tweet présidentiel.

précisant qu’il ne fournirait aucun détail pour des raisons de sécurité.

Dans un communiqué publié peu après le tweet de M. Trump, Sarah Huckabee Sanders.

porte-parole du président, a encore ajouté à la confusion en déclarant : « Nous avons commencé à faire rentrer les troupes américaines à la maison, alors que nous passons à la phase suivante de cette campagne ».

Une déclaration qui ne permettait pas d’écarter totalement l’hypothèse d’un retrait qui ne serait que partiel.