L’opposition des habitants et de certains groupes de protection de l’environnement n’aura pas suffit : le projet visant à libérer 750 millions de moustiques génétiquement modifiés dans l’archipel des Keys, en Floride, a été approuvé par les autorités locales. Ces insectes ont pour vocation de réduire drastiquement la population d’Aedes aegypti.

Cette espèce de moustique est connue pour être porteuse de maladies telles que la dengue et le Zika. Les insectes OGM développés par la société britannique Oxitec doivent permettre de lutter contre ça… en sabotant leur propre reproduction.

Exclusivement mâles, ils ont été conçus de manière à ce que leur progéniture femelle ne puisse pas survivre. Elle mourra au stade larvaire, avant d’être suffisamment mature pour piquer.

Chez les moustiques, seule la femelle pique pour le sang, dont elle a besoin pour faire éclore ses oeufs. Le mâle, lui, ne se nourrit que de nectar. Puisque ces insectes transmettent des maladies par le sang, la propagation de ces pathologies sera de fait réduite si la population de femelles l’est aussi.

Avec ce projet, les autorités locales veulent notamment déterminer si ces insectes OGM peuvent se montrer plus efficaces que la pulvérisation d’insecticides. Les moustiques d’Oxitec seront libérés dans la nature pendant deux ans, en 2021 et 2022. Parmi les habitants des Keys, cette idée inquiète : une pétition d’opposition a recueilli près de 235.000 signatures à ce jour.

L’association environnementale Friends of the Earth craint de son côté pour les autres animaux : est-il sans danger pour les oiseaux, insectes ou mammifères de manger ces moustiques génétiquement modifiés ? L’organisation dénonce un risque jugé trop grand et inutile, alors que le monde fait déjà face à une pandémie.